Review : The Strokes – The New Abnormal

Avec 5 albums iconiques à leur actif, The Strokes n’ont plus rien à prouver. 7 ans après Comedown Machine, ils nous livrent The New Abnormal. Retour sur l’opus le plus attendu de ce mois d’avril.

Alors que le confinement nous pèse tous et que l’industrie musicale prend un coup monumental avec les reports d’albums et les annulations de tournées (entre autres), The Strokes en bon princes nous délivrent leur sixième bébé en temps et en heure. Il aura quand même fallu s’armer de patience avant d’entrevoir ce retour tant espéré. 7 ans c’est long, mais ça a laissé le temps au groupe de nous livrer un EP, Future Present Past (2016) et à chacun de se dédier à des projets parallèles (Julian Casablancas avec The Voidz, Fabrizio Moretti et son groupe Machinegun, Albert Hammond Jr en solo…). S’éloigner pour mieux se retrouver ? On ne peut que l’espérer quand les rumeurs de leur grand retour se confirment enfin (officiellement) en septembre dernier.

Raisonnablement teasé (3 singles), The New Abnormal vêtu de Basquiat (cf. la jaquette) débarque ce 10 avril et se décompose en 9 tracks uniques. Dès les premières notes de The Adults Are Talking, morceau irrésistible qui ouvre l’opus, on réalise à quel point la voix de Julian Casablancas ôtée de tout artifice nous a manqués. Sautillant et mélancolique à la fois, il est incontestablement la première pépite de cet album, la bouffée d’air frais dont on avait tous besoin. 

Polymorphe, The New Abnormal est à l’image de ce que sont les Strokes depuis toutes ces années. Chaque album, en partant Is This It en passant par Room On Fire ou Angles n’a fait que confirmer et densifier le potentiel et la notoriété du quintet. Riche dans son contenu, ce sixième disque se veut aussi sombre que coloré. Le très kitsch Brooklyn Bridge To Chorus et le pétillant Bad Decisions (inspiré de Dancing With Myself de Billy Idol), se mêlent à des sons beaucoup plus intenses et bouleversants.

Cet album sonne comme celui de la réunion. La bande a bien grandi et semble avoir retrouvé une complicité particulière qui s’est aussi bien ressentie dans la promotion qu’à l’écoute de l’opus. Les 9 tracks défilent à une vitesse folle, difficile de ne pas y retourner à plusieurs reprises. On retient At The Door armé de ses synthés solennels et son atmosphère électro planante, le spleen communicatif de Not The Same Anymore qui rappelle celui des premiers albums et les riffs langoureux et la mélodie enveloppante de Selfless.

Le grandiose Ode To The Mets ferme le bal. Déchirant au possible, ce chef d’œuvre fait l’effet d’un Human Sadness (Julian Casablancas + The Voidz). Tout est en suspens, un peu comme notre quotidien.


Tracklist

1. The Adults Are Talking

2. Selfless

3. Brooklyn Bridge To Chorus

4. Bad Decisions

5. Eternal Summer

6. At The Door

7. Why Are Sunday’s So Depressing

8. Not The Same Anymore

9. Ode To The Mets

Notre sélection : Ode To The Mets, The Adults Are Talking, At The Door

NOTE : 18/20

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *