Review : Nuit Oceān – Fire Divine

Après deux ans et demi d’attente, Nuit Oceān est de retour avec Fire Divine, son troisième EP qui nous enveloppe dans un cocon des plus soyeux. 

C’est en juin dernier qu’on apprenait le comeback du Bordelais Nuit Oceān avec WOUNDS, deux et demi après la sortie de son second EP Midnight Seduction. Faisant désormais partie du label Rouge Neon Records fondé par John and the Volta, Steve nous présente sept nouvelles compositions regroupées au sein d’un EP au titre explicite : Fire Divine, le feu divin.

A la fois sombre et radieux, Nuit Oceān séduit avec une dream pop synthétique aux contours épurés. Une approche pas très éloignée d’un James Blake mais qui se singularise lorsqu’il revendique Sade comme une influence majeure. Mû par un fauvisme musical instinctif, les sonorités s’embrasent comme autant de couleurs. Et l’on ressent tout, chaque intonation de voix, chaque note, comme un fil qui nous relie puissamment à ses profondeurs.

Dès les premières notes de piano de Roses, on prend une grande inspiration, comprenant rapidement que Nuit Oceān s’apprête à nous embarquer dans un court mais intense voyage oscillant entre rêve et réalité. On a pris l’habitude de lâcher prise à l’écoute de ses chansons… C’est une des raisons qui nous avait fait tomber sous son charme à l’écoute de Falling Night, un de ses premiers singles, en janvier 2017.

Près de quatre années donc qu’on suit de très près le travail de Nuit Oceān, un des plus brillants compositeurs de l’hexagone selon nous et ce n’est pas ce nouveau corpus qui nous fera dire le contraire ! Au fil de l’écoute, on découvre divers gimmicks portant ces sept pistes avec élégance et ayant pour effet premier de nous hypnotiser. Cette apparente simplicité dans ses productions cache une complexité mêlant avec brio pop onirique parsemée de pointes d’électro et offrant un background idéal pour mettre en valeur la voix pleine de sensibilité de Steve. Une vague d’émotions, de sensations diverses nous submerge.

Accompagné de la non-moins douée Sauvane, se glisse au coeur de cet EP Only Love We Had, une ballade enivrante transpirant la sensualité. Quelques instants plus tard, en avant-dernière position, on découvre Too Late, un morceau au rythme langoureux, véritable coup de coeur immédiat tant il nous transporte, secousse après secousse, dans une transe euphorique ! Pour terminer, Through My Eyes se dévoile en moins de deux minutes, a capella, concluant cet EP avec grâce.

En dehors de ses compositions irrésistibles, Nuit Oceān voit en Fire Divine un projet pluridisciplinaire dans lequel la vidéo et la photo apportent également leur touche pour exprimer pleinement son œuvre. Preuve est le visuel du titre éponyme qui est sorti ce matin. En effet, on le retrouve poursuivant sa quête d’humanité au coeur d’une époque digitale et dystopique, entremêlant les textures, les contrastes et les symboles. Il s’en réapproprie les codes, les déconstruit pour les remodeler et les réinventer. En cela le message est résolument optimiste : tout est affaire de choix. 


Tracklist

1. Roses

2. Fire Divine

3. Wounds

4. Only Love We Had (feat. Sauvane)

5. Calling Out Your Name

6. Too Late

7. Through My Eyes

Notre sélection : Too Late, Wounds, Only Love We Had

NOTE : 19/20

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