Review : Philippe Katerine – Confessions

L’ovni de la chanson française nous ébahi une nouvelle fois avec son dernier album Confessions, un disque empreint de modernité et de chaleur humaine.

Philippe Katerine est un artiste qui fait rarement (pour ainsi dire jamais) dans la demi-mesure et son album Confessions ne déroge pas à la règle. Katerine s’inspire ici de la modernité urbaine en s’acoquinant avec le monde du rap. Choix plutôt inhabituel mais pas improbable quand on connait l’énergumène. Et pour le comprendre, un petit retour en arrière s’impose. Le 20 décembre 2017, Philippe Katerine est invité dans l’émission Planète Rap sur Skyrock et s’essaie à un freestyle en compagnie de Lomepal et Alkpote notamment. Cet évènement développera un soudain intérêt pour le genre au chanteur qui participera par la suite à de nombreux featurings avec ses nouveaux amis rappeurs. Confessions apparait alors comme la finalité d’une suite logique d’évènements dans la carrière de Katerine, assumant plus que jamais son statut d’artiste touche-à-tout déjanté, avide d’expérimentations folles.

Confessions est un album qui se caractérise en premier lieu par son titre, porteur de la promesse d’un rendez-vous autobiographique. Et il est vrai que Katerine se livre ici de manière très sincère sur des sujets assez personnels comme l’amour et la mort (Aimez-Moi), ou même sur des sujets plus politique comme le racisme (Blond). Mais le thème principal de Confessions c’est le sexe, qu’il soit brutal sur Point Noir Sur Feuille Blanche ou plus tendre sur Rêve Heureux. Pour renforcer son propos, Katerine n’hésite pas à user d’une symbolique forte que ce soit dans ses textes (où il compare Sigmund Freud à Hugh Hefner sur KesKesséKçetruc ?) ou sur la pochette (où il remplace son nez par un pénis). Mais ce qu’il faut surtout voir au delà des apparences, c’est un Philippe Katerine qui utilise ce thème du sexe comme un prétexte pour parler d’Amour avec un grand A. Celui qu’il voue à sa famille, ses amis et ses amant(e)s.

En second lieu, Confessions se caractérise par l’abandon presque complet d’une instrumentation authentique au profit de boites à rythme et de synthétiseurs. Un choix qui en rebuterait certains mais qui, dans le contexte, est plus qu’approprié, voire nécessaire. En effet, cet arrangement urbain permet de construire des hits comme 88% ou Stone Avec Toi mais surtout de bâtir les genres dans lesquels Katerine souhaite s’envelopper, que ce soit de la trap, de la chillwave ou encore du hip-hop old school. Confessions, en un sens, se compare aisément à un voyage tant chaque morceau transite vers le suivant en étant toujours fluide et tant la poésie innocente de Katerine est captivante.

En bref

Avec Confessions, Katerine a prouvé qu’il pouvait écrire un bon album orienté Rap tout en laissant paraître le charme naïf de ses textes. Il a prouvé qu’il pouvait écrire des chansons d’amour tout en ne parlant presque que de cul. Et il a prouvé que malgré ses 50 ans, il pouvait avoir l’air plus frais que ses guests. Comme nous le disions donc, Philippe Katerine est un artiste qui fait rarement dans la demi-mesure.


Tracklist

1. BB Panda

2. Stone Avec Toi

3. KesKesséKçetruc ? (feat. Camille)

4. KesKesséKçetruc ? 2 (feat. Camille)

5. La Converse Avec Vous

6. Malaise

7. Blond (feat. Gérard Depardieu)

8. Bonhommes

9. Aimez-Moi

10. Duo (Intro)

11. Duo (feat. Angèle et Chilly Gonzales)

12. 88% (feat Lomepal)

13. Une Journée Sans (feat. Clair)

14. Point Noir Sur Feuille Blanche

15. La Clef (feat. Oxmo Puccino)

16. Raphaël 1965-1989

17. Bof Génération (feat. Dominique A)

18. Rêve Affreux

19. Rêve Heureux (feat. Léa Seydoux)

20. Madame De

Nôtre sélection : Blond, Aimez-Moi, Duo, 88%, Rêve Affreux

NOTE : 18/20

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