Now Reading
Review : Parcels – Day/Night

Review : Parcels – Day/Night

Le groupe australien nous livre un magnifique album pour cette fin d’année. Inspiré et inspirant, Day/Night a tout pour devenir l’album de l’année.

Teasé depuis le mois de juin avec l’incontournable Free, Parcels sort par la suite trois singles pour nous faire patienter avant l’arrivée de ce tant attendu second album : Day/Night.

Pour rappel, le groupe est composé de cinq membres : Louie Swain au chant principal, Jules Crommelin à la guitare, Patrick Hetherington à la guitare et au synthé, Noah Hill à la basse et Anatole Serret à la batterie. On découvre le groupe à travers Overnight en 2017, un morceau produit par le duo iconique français Daft Punk, et cela aura son importance dans la suite de cet article. On trouve ensuite un premier album éponyme qui se veut inspiré des Beach Boys et des Rolling Stones, avec une touche électro à L’Impératrice – Flore Benguigui fait les chœurs sur le divin Everyroad. En fait, le groupe est inspiré tout en étant original. Les sons sont maniés avec maîtrise et goût.

Mais revenons au sujet principal : Day/Night. Par où commencer ? Précisons ici la difficulté d’écrire un article fidèle à l’album, qui lui rend justice. 

Électro, oui, mais avec des touches lyriques

L’album s’ouvre avec LIGHT, une chanson harmonique qui nous emmène vers un refrain solaire. Il introduit l’album parfaitement puisque le titre vient s’illuminer comme le début du jour, comme un levé de soleil. On s’identifie rapidement dans la chanson. Les cordes viennent d’abord nous embarquer dans un univers à la M83, et le refrain se voit rythmé par une batterie qui nous fait penser à celle de Ringo Starr dans A Day In The Life, un rythme « qu’il fallait trouver », si on peut dire. Et cette batterie, elle est plus que prometteuse pour la suite. Et la suite… On la connaît ! On voit apparaître Free, Comingback et Theworstthing, les trois singles sortis ces derniers mois. Trois titres qui s’agencent parfaitement par leurs guitares funky avec un style expérimental. 

C’est vrai, l’album est une expérience musicale incroyable. On ne retrouve pas Parcels, on retrouve un groupe qui s’impose dans l’industrie musicale et laisse une grande liberté à leurs idées sans tomber dans le « trop ». On trouve ainsi, tout naturellement, Intercity (interlude). Un interlude qui trouve une utilité toute particulière puisqu’elle permet de respirer et de se remettre de ce qu’on vient d’écouter pour découvrir le reste de l’album. Un interlude qui tient son rôle d’interlude, donc. À l’instar du premier titre, Intercity (interlude) fait appel à un bel ensemble de cordes et rappelle encore les compositions de l’album de M83, Hurry Up, We’re Dreaming. On trouve une ambiance grave, jusqu’à un nouveau dénouement. L’harmonie des cordes est pensée comme celle de grands compositeurs mais elle n’enlève pas le côté pop de l’album.

Un album réfléchi et inspiré

Dans plusieurs interviews du groupe, les artistes confient avoir écouté en boucle le dernier album des Daft Punk, Random Access Memories. En écoutant bien, on retrouve aussi des inspirations de grands musiciens comme Quincy Jones ou encore Nile Rodgers. Et cela s’entend non seulement sur les titres mais aussi par les genres musicaux envisagés tout au long de l’album : disco des années 70, funk, jazz, soul, électro (à la sauce French Touch). 

D’autre part, l’album se veut réfléchi par des similarités et concordances entre les morceaux. Par exemple, LIGHT et SHADOW, se veulent contrastants par leurs titres mais sont similaires par leurs accords et harmonies. Il en est de même pour Outside et Inside. Quant aux compositions des cordes, Parcels fait appel à Owen Pallett car ils souhaitaient que les auditeurs ressentent l’album comme un film, chose réussie, notamment grâce au titre LordHenry, composé de plusieurs parties distinctes à la manière de compositions comme Bohemian Rhapsody. Alors certes, c’est très différent, mais vous comprenez l’idée ! Une histoire donc, plus qu’un album, encore une fois souligné par le fait qu’il soit double, une face « jour » et une face « nuit ». Deux faces qui semblent antonymiques mais qui s’équilibrent avec élégance. On peut donc dire de Day/Night que c’est tout d’abord un album fluide avec des pistes qui s’agencent de manière très intelligente.

La face nuit, elle, appuie encore cette réflexion intelligente de Parcels qui vient avec des morceaux comme Thefear et Icallthishome, deux morceaux où les instruments sont encore une fois illustrateurs. Dans la première chanson, on entend des dissonances, une phrase inversée. Tandis que la seconde est plus chaleureuse, plus douce.

Des artistes avant tout

Outre les inspirations, il faut quand même appuyer sur la virtuosité de Parcels. Le batteur par exemple ; Anatole Serret, manie avec soin et précision son intrument. Il trouve des rythmes adéquats et excentriques parfois, sans tomber dans le ridicule. Quant aux guitares de Jules Crommelin et Patrick Hetherington, si certaines références au grand Nile Rodgers seront avancées, c’est avant tout un travail d’équipe, encore une fois précis. La guitare prend le rôle de soliste, de mélodie ou encore de rythme, et jamais cela ne vient choquer les oreilles. Quant à la basse de Noah Hill, on ne cesse d’admirer ses arpèges sûrs qui viennent comme une évidence à l’écoute alors que personne n’y aurait pensé. Pour terminer, il y a Louie Swain à la voix enivrante, juste, douce et puissante. Accompagné des harmonies de ses compères, on ne peut qu’être en admiration.

En bref

Au-delà d’être prometteur, il s’avère que la découverte de Day/Night n’est jamais finie. On ne peut pas se lasser et on en découvre un peu plus à chaque instant. Peu importe le nombre d’écoute. Un album digne de ce que les Daft Punk ont fait avec Random Access Memories. Et le groupe ayant écouté l’album en boucle pendant la composition de Day/Night, on peut rapidement faire le lien. Cependant, ce n’est pas un copié/collé, bien au contraire. Cet album est singulier, original, si ce n’est pour dire parfait. Il est composé de tubes, de disco, d’electro, de chansons plus difficiles d’accès… Il y en a pour tout le monde, pour tous les goûts, et ça, ça plaît !


Tracklist

DISQUE 1

1. LIGHT

2. Free

3. Comingback

4. Theworstthing

5. Intercity (Interlude)

6. NowIcaresomemore

7. Somethinggreater

8. Daywalk

9. Outside 

DISQUE 2

1. SHADOW

2. Neverloved

3. Famous

4. Icallthishome

5. LordHenry

6. Thefear

7. Nightwalk

8. Reflex

9. Once

10. Inside

DISQUE 3

1. Free – Single Version

2. Comingback – Single Version

3. Somethinggreater – Single Version

4. Famous – Single Version

Notre sélection : Intercity (Interlude), Somethinggreater, Icallthishome, Thefear, LIGHT

NOTE : 19/20

 

A retrouver sur Deezer et Spotify.
View Comments (0)

Leave a Reply

Your email address will not be published.

© 2021 La Distillerie Musicale. ALL RIGHTS RESERVED.