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Interview : KLON

Interview : KLON

Yohann Sandoz

Une grande famille. On pourrait présenter KLON comme cela. Certains sont vraiment frères et sœurs, d’autres le sont devenus. À sept, ils revendiquent la force du collectif et proposent une approche artistique globale et ambitieuse. À l’occasion de la sortie du clip de Santa Barbara et de l’annonce de la sortie de leur premier EP, rencontre avec le collectif pour parler musique, communauté, idéal et amour.

Commençons par un petit tour de présentation. Qui est KLON ?

On est Zoé (chanteuse), Vic (guitariste et producteur), Akra (chanteur, bassiste), Art (batteur, producteur), Rory (guitariste), Nejma (manageuse, graphiste) et Aurel (manageur).

A sept, on est tellement d’egos, d’avis, c’est important d’avoir quelqu’un qui chapeaute le groupe et qui nous permet de nous concentrer sur la musique. Cela nous laisse libre de créer, de nous focaliser sur l’artistique. Là on commence à trouver un équilibre, où chacun a un rôle et cela devient plutôt fluide.

Merci pour ces présentations ! Est-ce que vous pouvez maintenant nous parler de votre musique en quelques mots ?

– Sexy !

– C’est vrai que c’est assez dansant. Notre mode de composition est collégial, tout ce qu’on fait c’est pour nous faire kiffer tous les sept, et du coup le reste du monde. Il y a vraiment cette dimension humaine, un partage qui nous amène vers cette musique dansante. Pour l’instant ce qu’on fait c’est des trucs qui tapent un peu, entre électro et chanson, on a été bercés par ça.

– Comme on est cinq à composer, on ne se met pas trop de barrières, on est assez spontanés. Quand on a envie de faire un titre un peu plus dansant, on part là-dedans. Du coup notre musique est plutôt typée par les machines qu’on utilise. On a plus un style de son en fait.

– On aime ce côté sonore de la composition, les machines, les synthés. Tout ça c’est venu d’un an de recherches, où on a joué, composé et construit ce son.

– Et c’est jamais fini.

 

Revenons sur les débuts de KLON. Vous étiez un collectif de rap, et tout ça est parti d’une coloc ?

– On s’est rencontrés au lycée, et tout de suite on a voulu créer un collectif. Au départ c’était un collectif de rap, G20. Ça a commencé chez nos parents, on avait un petit studio et on commençait à s’intéresser à la production. On passait des week-ends avec les potes à s’enregistrer, à freestyler et on balançait plein de sons sur Soundcloud. C’était des trucs un peu nichés, bizarres, assez barrés. A un moment on s’est dit qu’on pouvait pas se voir que les week-ends. On a trouvé un appart à Créteil et on s’est installés pour continuer le groupe de rap. Après un an à Créteil, on commençait déjà à avoir des sons plus pop. Rory est arrivé à cette époque, et on était suffisamment nombreux pour s’installer dans une maison. On commençait aussi à avoir des problèmes avec nos voisins. On a pris cette maison, dans laquelle on est toujours, qui est devenue notre labo créatif, avec notre studio dans la cave.

– On a vraiment de la chance, cette maison est parfaite pour nous, c’est un atelier créatif incroyable, vraiment un espace hyper inspirant, il y a vraiment de bonnes vibes.

– Sans ce lieu, le projet KLON n’aurait pas pu exister. On a pu installer une batterie, bœuffer, ressortir nos instruments.

Comment se passe la vie à sept ?

– Cette période à Créteil nous a quand même bien soudés. Vivre à neuf dans 80 m2 pendant plus d’un an, c’est un test, après ça tu peux passer à l’étape supérieure.

– On est faits pour vivre ensemble.

– Maintenant, on existe un peu comme une famille. On se répartit les tâches ménagères, on a chacun notre chambre, on mange ensemble, on mate des films ensemble.

– C’est aussi une expérience humaine KLON. C’est ce pari là, de vivre à sept, créer à sept.

– Pour montrer notre philosophie, on a ce qu’on appelle “le jeu du film” pour choisir un film à regarder à sept. On a un bol avec des petits papiers. Chacun met un papier. On fait trois tours de vote, on regarde le film qui a le plus de voix, mais ensuite on finit la liste. On verra tous les films en fait.

– Notre fonctionnement se veut le plus égal possible, c’est pour ça qu’on fait souvent appel au hasard. Vivre à autant de personnes demande une volonté d’amélioration personnelle, de déconstruction de nos egos, et on fait ce chemin tous ensemble.

Est-ce que cette démocratie s’applique aussi à votre processus créatif ?

Ouais, le but c’est que tout le monde soit d’accord, satisfait. Pour créer, on part du collectif, on construit sur les apports de chacun. Et une fois qu’on décide de produire un titre, on se met tous dessus. On mise aussi beaucoup sur la spontanéité, on essaie de capter des moments précis, donc on travaille souvent avec des dictaphones pour ne rien perdre.

Même dans vos clips vous apparaissez tous à part égale.

– Cela peut paraître hyper utopiste, mais on essaie de sortir de ce monde individualiste. On vit dans un monde où on est tous chacun chez soi, avec son téléphone, à se prendre en photo, faire des stories. Nous on est là et on dit « Bah non, partageons ! ». On se rend compte dans nos vies que le fait de partager, de donner des choses personnelles, ça fait tellement du bien,  c’est un peu la seule chose qui nous reste.

– Nous on essaie juste de partager notre expérience, notre vision du monde, c’est pas par ego, mais pour le partage. KLON c’est le groupe, on s’exprime d’une voix.

KLON c’est un peu comme l’arche de Noé.

– Tout le monde a son mot à dire, c’est notre projet à tous.

– On sent aussi que KLON commence à rayonner sur les gens autour de nous, qui trouvent ces idées inspirantes, il y a comme un idéal qui se dessine. On vit ensemble, et on a tout un tas de potes en orbite autour du groupe, tout ça fait une communauté de gens qui s’aiment. Peut-être qu’un jour on vivra tous ensemble sur un grand terrain où chacun pourra construire sa maison, comme un jardin d’Eden.

 

Aujourd’hui sort le clip de Santa Barbara, qu’on a adoré. Comment s’est passé le tournage ?

On est très fiers de ce clip. Le réalisateur Aube Perrie a géré, avec toute son équipe. C’était de belles rencontres. C’est comme ça qu’on aime créer. On avait fait le premier clip avec des potes, car on croit vraiment qu’on est meilleurs quand on crée avec des gens qu’on aime et qui ont envie de porter le projet.

Vous allez sortir un EP en juin. On retrouvera vos trois premiers singles ?

Oui, et quatre autres. Ça fait sept titres, comme les 7 membres du groupe. Il y a un petit truc de numérologie, on essaie d’aligner les étoiles. Par exemple, notre premier titre (Noise) est sorti le 7/7/2020, pour marquer le passage du nombre 20 de G20 au chiffre 7 de KLON. Le 7 est un chiffre magique, très important. On vous laisse chercher les autres 7 dissimulés dans l’EP.

Vous avez publié des sessions lives, c’était important pour vous de montrer que le groupe existe vraiment ?

– On comptait beaucoup sur le live pour partager notre énergie. La scène, c’est quelque chose qui nous fait vibrer depuis le début. Covid oblige, on a été un peu contrecarrés dans nos plans, donc on fait des live sessions pour montrer ce que peut donner KLON sur scène.

– On veut montrer qu’on est un groupe, des vrais musiciens qui jouent ensemble. Et notre musique prend aussi sens en live.

– C’est un peu comme rencontrer quelqu’un après lui avoir parlé par message.

– Venant du rap, on n’avait pas ce truc de rock band, bien qu’on soit musiciens on avait mis ça de côté pour kicker sur des prods. Plus tard, quand on a commencé à faire de la production, on a commencé à vraiment s’exercer à nos instruments, et en plus on se complétait super bien pour créer un groupe : batterie, basse, guitare, clavier.

– D’ailleurs dans nos études ça a été un peu la même chose, on s’est rencontrés au lycée, on a eu des rêves très jeunes, on a voulu se déployer le plus efficacement possible, pour se faire des expertises individuelles. Une vraie stratégie. Certains d’entre nous ont fait leurs études en vue de notre projet : photo, ingé son, mode, graphisme.

– Pour la cause !

– C’est comme une équipe de basket, on affronte la vie ensemble, qu’on gagne ou qu’on perde. Et on exploite au mieux les compétences de chacun : si t’es grand tu seras pivot, sous le panier.

 

Jusqu’où ça peut aller ?

– À la base on s’appelait G20 Empire. C’était déjà l’idée de devenir maîtres de toutes les étapes de la création : clips, sapes, musique. On a vu qu’on avait aussi parfois intérêt à faire appel à l’expertise d’autres gens. Mais on a toujours des projets, des rêves à côté de la musique, notamment faire une série animée un jour.

– Un film aussi plus tard.

– Une marque de sapes !

– On a plein d’idées, mais pour l’instant on essaie surtout de lancer la musique.

Vous parlez souvent de la fête dans vos chansons, racontez-nous une de vos meilleures fêtes.

Pour Halloween, on avait organisé une grande soirée chez nous. KLON est devenu le temps d’une semaine un organisateur d’événement avec décoration, régie, cocktails. Un vrai manoir de vampires.

Et pour 2021, quels sont les projets ?

L’EP, des clips, des live sessions. Et on espère des concerts, on a faim ! Sinon, on est repartis sur la composition pour l’album, c’est un nouveau chapitre.

Le mot de la fin ?

L’amour !


Le premier EP de KLON sortira le 11 juin prochain.
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