Review : Bicep – Isles

Après nous avoir dévoilé Atlas et Apricots en 2020, Bicep sort son nouvel album, Isles. Un voyage entre deux îles, bercé par les sonorités électroniques, planantes et dansantes qui font la signature du duo londonien.

À l’affiche du festival We Love Green en juin, Bicep nous dévoile aujourd’hui Isles. Ce nouvel album, fortement influencé par les origines insulaires des deux DJs, nous plonge dans une harmonie électronique et éclectique. Le titre de ce nouveau projet fait d’ailleurs référence au fait que chacun des DJs a grandi sur une île. L’Irlande et sa musique très énergique pour l’un, la Grande-Bretagne et son style introspectif pour l’autre. Pensé entre deux îles, deux cultures, Isles ne se contente cependant pas de ça et nous offre un voyage bien plus global.

Un album multiculturel

Réalisé à Londres, ville cosmopolite par excellence, Isles nous permet de retrouver de nombreuses influences. Voguant habilement entre la techno de Detroit, la house de Chicago et l’italo-disco, on retrouve également des sonorités moins classiques sur ce genre d’album. Sur Apricots par exemple, le rythme planant qui fait la signature de Bicep, vient se confronter à des samples de chants traditionnels malawiens. Avec Cazenove on ressent des influences beaucoup plus japonaises que l’on retrouve sur Lido, mêlées ici à des voix fantomatiques. Ces sonorités créent une bulle très particulière guidé par le son berçant et onirique présent sur la quasi totalité des morceaux. Le très énergique Sundial, qui nous ramène à des bases house, est habilement conjugué à une voix qui semble tout droit sorti d’un rêve. Lointaine, incompréhensible et onirique, cette voix se mêle à la perfection au rythme initial, assez intense mais toujours porté par un loop très planant.

Entre rave party et voyage initiatique

Non content de nous faire naviguer d’un continent à l’autre, Bicep jongle aussi très habilement entre les univers et les émotions. Par moment planant et ondulant, telle une vague qui nous entraîne au large, Isles nous donne aussi une furieuse envie de retrouver le duo en concert. Des sons comme Atlas, Apricots et Fir semblent fait pour entrer en communion avec un public. On ferme les yeux et on s’y voit, entouré d’une foule d’inconnus, le sourire aux lèvres, nos membres ondulants presque contre notre volonté sur le rythme de la musique. Saku et X s’inscrivent dans la même veine et nous font nous dire que cet album, joué en live, nous aurait définitivement rendu fous par ses envolées rythmiques et la sensation de liberté qui s’en dégage à chaque seconde.

Plus sombre, Rever nous entraîne dans un hangar londonien et tape très juste. Les chœurs qui s’élèvent soudainement, puis les notes plus aigües qui martèlent leur légèreté, contrastent à merveille avec le rythme plus grave. Le choc de ces deux éléments vient ici souligner la dualité d’un album créé entre deux îles, deux cultures, par deux personnes aux mondes différents. Hawk, dernier titre d’Isles, pourrait totalement être joué dans une rave party. Avec ce morceau qui clôture l’album comme il pourrait clôturer un DJ set, Bicep nous rappelle que, si les lives sont, pour le moment en stand by, le duo est prêt à remonter sur scène pour nous faire de nouveau vivre des moments de partage inégalables.

Pour faire vivre cet album, Bicep a élaboré une performance numérique, à l’image du livestream qu’ils avaient organisé en septembre. Le 26 février nous pourront donc retrouver le duo dans un live enregistré en direct de la Saatchi Gallery à Londres. Retrouvez plus d’informations à ce sujet juste ici.


Tracklist

1. Atlas

2. Cazenove

3. Apricots

4. Saku

5. Lido

6. X

7. Rever

8. Sundial

9. Fir

10. Hawk

Notre sélection : Apricots, X, Rever, Hawk

NOTE : 18/20

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