Interview : Charlotte Fever

Charlotte Fever est sans aucun doute une de nos plus belles découvertes de l’hiver dernier avec un premier EP exquis à l’ambiance équatoriale. On a discuté avec eux !

Salut Cassandra & Alexandre. Tout d’abord, pourriez-vous vous présenter ? Qui se cache derrière ce pseudo mystérieux et comment vous êtes-vous rencontrés ?

Coucou Mathieu, enchantés ! Nous sommes Charlotte Fever, le duo de synth-pop le plus chaud de l’hexagone !

Charlotte Fever se compose exclusivement de nos deux charmantes personnes : nous sommes donc amenés à toucher à tout musicalement et à faire nos propres cascades sur scène (rires). Nous nous sommes rencontrés lors d’un précédent projet de rock psychédélique et ça a super bien matché créativement parlant. On était tous les deux portés par l’envie de construire un projet à la fois moins contraignant en termes d’organisation (on était six donc c’était loin d’entre simple) et plus professionnalisant, mais surtout dans lequel on aurait tous les deux l’espace nécessaire pour s’épanouir artistiquement. Et lorsqu’on s’est finalement lancés dans l’aventure en duo il faisait un temps terrible à Paris ! Du coup, nous avons pris la résolution de venir au secours des parisiens coincés chez eux en août en leur ouvrant les portes de notre univers tropical.

Vos morceaux sont à la fois frais et décalés. Pour quelles raisons faites-vous de la musique ? Avez-vous un message particulier à faire passer dans vos compositions ?

Composer des morceaux et les jouer sur scène, c’est une expérience extrêmement grisante et surtout c’est notre passion ! Faire de la musique permet de rassembler des gens autour de notre projet et des les transporter dans un univers qui nous est propre. Du coup tu t’en doutes, ce que l’on préfère c’est tourner et c’est pour nous une expérience toujours incroyable, tant pour le côté voyage que pour les rencontres. On part en tournée d’un mois en Amérique Centrale en septembre et les mots nous manquent pour te dire à quel point on a hâte d’y être !

Et puis mine de rien on a beaucoup de chose à exprimer ! Sous couvert de parler de vacances et de plage nos compositions parlent finalement beaucoup d’amour, d’érotisme, de femmes et d’hommes nus (et parfois habillés, mais généralement plus nus qu’habillés). Notre message est simple : on veut que les gens prennent du plaisir. Dans tous les sens du terme.

Première étape dans la vie d’un groupe, vous avez sorti votre EP éponyme il y a quelques mois. Que représente-t-il pour vous ?

On en est évidemment super fiers ! Il occupe une place toute particulière pour nous, un peu parce que c’est le premier mais surtout parce qu’on a eu la chance d’être extrêmement bien entourés pour travailler dessus ! On ne voulait pas sortir cet EP seul et c’est donc pour commencer la concrétisation de notre rencontre avec Baguette Publishing, notre éditeur. Cet EP nous a aussi donné l’opportunité de rencontrer l’artiste Anna Wanda Gogusey, dont nous sommes absolument fans. Cela nous tenait vraiment à cœur que sa cover soit dessinée par elle car son univers correspond parfaitement au nôtre. Du coup on ne s’est pas arrêtés là et l’avons chargée d’une nouvelle mission : réaliser le clip de Voyeur dont on viendra te reparler très bientôt. Cet EP c’est enfin une première collaboration avec Luis Calderon, qui s’est chargé de mixer l’ensemble de nos morceaux et avec qui nous continuons de plus belle l’aventure sur notre prochain opus dont on ne vous dira rien sinon on va se faire taper sur les doigts par notre manager (rires).

Il y a quelques semaines, vous nous aviez concocté une jolie playlist. Pouvez-vous ainsi nous parler de vos influences et coups de coeur musicaux ?

Nous rentrons tout juste de tournée en Corée du Sud et notre plus gros coup de cœur local s’appelle Ten to Ten (텐투텐). On a eu la chance de pouvoir jouer avec elle à Senggi Studio où l’on a été complètement happés par son énergie, du coup on espère vraiment qu’on aura à nouveau l’occasion de faire des concerts ensemble. Au passage on s’est aussi découvert une passion pour la musique coréenne des années 60, si tes lecteurs sont suffisamment ouverts d’esprit on peut t’en faire toute une playlist !

Sinon on adore Lewis OfMan. Son univers nous parle beaucoup et est finalement assez proche du nôtre. Pour tout te dire on aimerait énormément faire un featuring avec lui dans un futur proche, donc Lewis si tu nous lis n’hésite pas à nous passer un coup de fil : on veut travailler avec toi !

Plus généralement, on va avoir des influences assez différentes l’un et l’autre mais on se retrouve sur Sébastien Tellier, Serge Gainsbourg, Polo & Pan ou encore La Femme.

Comment en êtes-vous arrivé à collaborer avec L’Impératrice ? Avec qui rêveriez-vous de collaborer prochainement ?

Nous avons participé  à l’émission « Les Récréations Sonores », dans laquelle un artiste se voit donné pour mission de composer une oeuvre musicale participative en 15 jours, en faisant appel aux internautes. L’Impératrice attendait une proposition charnelle, érotique, joueuse… Bref, la bande originale parfaite pour un film érotique ! Il ne nous en fallait pas plus : c’est aussi comme ça qu’on envisage nos propres morceaux et ça nous parlait complètement donc on s’est lâchés ! Résultats des courses : nos arrangements, notre ligne de guitare et nos voix ont été sélectionnés pour le morceau et on les a rejoués en direct pendant l’émission. Du coup on n’est pas peu fiers de te dire que quand tu écoutes Geisha, sur les couplets se sont nos voix et notre guitare que tu entends !

Si l’on devait renouveler l’expérience, outre Lewis OfMan qu’on citait plus haut on rêverait de travailler avec Kevin Parker. Son travail des harmonies et des mélodies nous fascine et on est fans du caractère des instruments qu’il utilise.

Vous êtes en plein tournée internationale. Quel effet ça fait de rencontrer un public étranger ?

C’est déjà une chance incroyable de pouvoir faire voyager sa musique et ça l’est plus encore de se produire devant un public inconnu. On était éblouis de voir à quel point les réactions de la salle sont différentes selon le pays dans lequel tu joues. En Corée, le public était à 100% dans le mimétisme de nos mouvements : nos chorégraphies étaient reproduites avec application dès le premier morceau. On était un peu stressés vis à vis du fait que comme on chante en français, nos morceaux risquaient d’être moins séduisants à l’international car ils perdent en sens si les gens ne comprennent pas de quoi on parle. Finalement on s’est fait des ulcères pour rien, il se trouve que les coréens adorent la langue française ! Maintenant on est impatients de voir ce que cela va donner en Amérique Centrale.

Auriez-vous une anecdote « croustillante » à nous raconter sur vous, une chanson, un concert ?

Nous avons récemment eu à faire face à un suicide d’ordinateur pendant des balances. Il refusait obstinément de s’allumer et on était dans un état d’esprit oscillant entre Survivor et The Show Must Go On alors qu’on tentait désespérément de réinstaller Mac OS. Rien n’y a fait et on s’est donc retrouvés à improviser une version karaoké de notre show en passant les instrumentaux des morceaux et en chantant par dessus. Comme on voulait que le rendu soit à la hauteur de ce qu’on fait d’habitude on a tout donné sur scène, en se concentrant plus que jamais sur nos mouvements et notre présence scénique. Les gens ont été hyper réceptifs et depuis ce jour on se force à lâcher plus souvent les commandes pour se focaliser sur nos échanges avec la salle.

Et comme on tourne pas mal, figure toi qu’il nous arrive plein de choses croustillantes ! La dernière en date c’est un concert incroyable au Club FF à Séoul. On jouait à 23h30 juste avant un DJ set de folie. Avant nous, une ribambelle de groupes que l’on ne connait pas regroupés sur une affiche « Rockstars » dont l’intitulé nous interpelle un peu mais dont on ne se formalise pas. Après tout, pourquoi pas ? On se pointe assez tôt pour les balances qui se passent super bien et on reste pour le début du show. Le premier groupe à monter sur scène est un groupe de métal. On se dit que tiens, c’est osé d’avoir une programmation aussi éclectique mais rapidement on passe à autre chose et on part tranquillement se prendre un bibimbap au coin de la rue. De retour dans la salle une vingtaine de minutes plus tard, on se rend compte que cette fois-ci ça joue du hardcore devant un public composé en grande partie d’expats américains habillés en motards, qui profitent joyeusement des deux heures d’open bar en se jetant contre les murs. Là ça y est, la panique commence à monter : on se dit que deux frenchies à paillettes ça n’a pas l’air d’être le style de la maison et qu’on va se faire dévorer tout crus… La pression aidant, on a littéralement donné tout ce qu’on avait et là, le miracle : on a fait ce concert face à un parterre endiablé, s’essayant même au headbang sur certains des morceaux (rires). Un monsieur est même venu nous dire qu’on l’avait ému. S’il savait à quel point nous aussi on était émus !

Que pouvons-nous attendre dans un futur proche ? Un premier album ?

Dans un futur vraiment très proche attendez-vous à un clip de folie, intégralement dessiné par Anna Wanda Gogusey pour le morceaux Voyeur. Et dans un futur un peu moins proche, on travaille depuis quelques mois déjà sur notre prochain EP ! No spoiler, mais il ne viendra pas seul… Disons juste qu’il y aura un peu moins de jungle, plus de paillettes et beaucoup plus de stupre.

Un mot pour conclure cette interview ?

On aimerait avoir une phrase à graver dans le marbre pour la postérité à te donner mais on ne va pas se mentir : les grandes envolées lyriques ne sont pas notre fort.

Répandez la fièvre. Prenez du plaisir. Venez faire la fête avec nous à nos prochains concerts !

2 réponses sur “Interview : Charlotte Fever”

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