Review : Nick Cave – Idiot Prayer : Nick Cave Alone At Alexandra Palace

Le poète australien revient seul au piano avec Idiot Prayer, un album live intimiste sans public, et conforte de plus en plus sa place au panthéon des songwriters anglo-saxons.

2020 devait être pour Nick Cave l’année de la tournée mondiale de Ghostseen, son précédent opus sorti en octobre 2019. Mais l’épidémie de Covid en a décidé autrement et le leader des Bad Seeds a transformé l’isolement du confinement en projet artistique à part entière : réaliser un concert sans public, filmé et enregistré d’un seul trait, et en faire à la fois un album et un film distribué dans les cinémas du monde entier.

Accompagné de son piano, Nick Cave étale l’étendue de son talent d’interprète et la qualité de son répertoire. La mélancolie et la simplicité ont remplacé la noirceur et la tristesse de ses deux derniers LP, fortement influencés par la mort accidentelle de son fils en 2015. Ceux-ci ne sont d’ailleurs représentés qu’au travers de 4 titres, dont une version récitée de Spinning song en guise d’introduction. La part belle est faite à l’album The Boatman’s Call, sorti en 1997, qui avait marqué un tournant dans la carrière de l’artiste avec des morceaux beaucoup plus personnels : on retrouve ici entre autres Idiot Prayer, qui a donné son titre à l’album, Black Hair, écrite suite à la rupture de Nick Cave avec PJ Harvey et l’éternel Into My Arms.

Palaces of Montezuma, déclaration d’amour sortie en 2010 avec son groupe Grinderman, apparait comme une éclaircie, avant de poursuivre sur des thèmes plus graves, jusqu’à l’enchainement The Mercy Seat, Euthanasia et Jubilee Street, qui constitue le sommet de l’album : le premier titre avait été adoubé et repris par Johnny Cash, le deuxième est une ballade inédite jusque-là, et le troisième une des plus belles chansons de Nick Cave sur la dernière décennie.

La performance continue sans fausse note, l’absence de public et les longs silences entre les morceaux ajoutant à l’émotion ambiante, à son apogée sur Papa Won’t Leave You, Henry.

Nick Cave conclut comme il a commencé, en empruntant un morceau à l’album Ghostseen, Galleon Ship, qui marque la fin d’un voyage d’une heure et vingt minutes : les amateurs de l’artiste y verront la confirmation qu’ils ont ici un monument qui se hisse peu à peu au niveau de ses idoles Johnny Cash et Leonard Cohen. Ceux qui le découvrent ne pourront pas nier la qualité de la performance et auront mis le pied dans un univers singulier qui mérite d’être exploré.

En bref, Nick Cave se met à nu sur Idiot Prayer et propose un concentré d’émotions qui ne laissera personne insensible.


Tracklist

1. Spinning Song

2. Idiot Prayer

3. Sad Waters

4. Brompton Oratory

5. Palaces of Montezuma

6. Girl in Amber

7. Man in the Moon

8. Nobody’s Baby Now

9. (Are You) the One I’ve Been Waiting For?

10. Waiting For You

11. The Mercy Seat

12. Euthanasia

13. Jubilee Street

14. Far From Me

15. He Wants You

16. Higgs Boson Blues

17. Stranger Than Kindness

18. Into My Arms

19. The Ship Song

20. Papa Won’t Leave You, Henry

21. Black Hair

22. Galleon Ship

Notre sélection : Euthanasia, Into My Arms, Jubilee Street

NOTE : 17/20

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