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Review : Mokado – Marius

Review : Mokado – Marius

C’est sans doute un des albums qu’on attendait le plus de cette rentrée ! Le producteur français nous embarque dans la vie de son arrière-grand-père à travers dix pistes aussi mélancoliques que percutantes. 

Depuis qu’on l’a découvert en première partie de Tourist au Hasard Ludique il y a bientôt deux ans, Mokado est devenu un de nos artistes français préférés. Avec seulement deux EPs à son actif – The Life of Others et le brillant Ghosts qui s’est aisément glissé dans notre Sélection d’albums à retenir de 2020 ! – Sylvain est parvenu à créer un univers musical singulier plus que prometteur, mélange savamment dosé de musique analogique et synthétique.

Marius était mon arrière-grand-père. Je l’ai rencontré au printemps 2019 à travers ses carnets qu’il a écrit entre 1930 et 1990. Tout au long de ces pages, j’ai appris à le connaître, à partager ses peines et ses joies, ses croyances et ses rêves. Toute cette vie je l’ai retranscrite en musique autour de 10 moments clés retraçant son histoire.

Après une introduction douce et mélodieuse, on plonge rapidement dans une course effrénée avec 1914. Le ton s’assombrit, les percussions se lancent et les éléments viennent s’ajouter, nappes après nappes, avec une énergie débordante, entre force et sensibilité. Il faut avouer qu’en plus d’être un producteur de talent, Mokado est un storyteller hors pair ! Enchaînant sans plus attendre avec 1923, on comprend vite que cet album sera plein de contrastes, à notre plus grand bonheur !

 

Au printemps dernier, Mokado nous faisait une sacrée surprise en conviant Loïc Fleury – chanteur du groupe Isaac Delusion et auteur-compositeur-interprète du récent projet Nautilus – sur 1938. En effet, alors qu’il nous avait habitués à des pistes instrumentales (même si il utilise des voix comme instrument sur certains de ses tracks), Sylvain surprend en laissant la jolie voix éthérée de Loïc se poser tout en douceur sur une production au beat lent, presque lascif, permettant la fusion de leurs deux univers. Une sublime collaboration qui n’a cessé de tourner en boucle dans nos oreilles depuis sa sortie !

Généreux, Mokado n’hésite pas à faire durer ses compositions. Preuve est 1952 dans lequel il nous balance près de 6 minutes d’électro instrumentale transcendante. Et pour accompagner cette sortie, il a fait appel à Emile Sacré dans un visuel splendide qui reprend son fameux masque confectionné par Muriel Nisse.

 

Pour entamer cette seconde moitié d’album, Mokado nous présente 1968, un track enivrant qui nous donne grandement envie de repartir le voir en live ! Bien que plus aérien, 1973 nous procure la même sensation : à son écoute, on se prend à rêvasser, comme ensorcelés par les boucles électro… Sans s’en rendre compte (la transition étant finement exécutée), on glisse sur le second featuring de l’album, 1981, qui voit la voix chaude et rassurante de Samba De La Muerte s’allonger sur une production chancelante, comme si on se laisser embarquer au cœur d’une tempête, portés vague après vague dans un périple rempli de mystère.

Pour finir, on reprend un dernier souffle avec 1992 avant de se laisser guider par 1996, la piste finale qui semble instaurer une certaine urgence dans la première minute d’écoute avant de se décanter et de se transformer en une mélodie lumineuse, comme porteuse d’espoir. Un final plus que maîtrisé !

En bref

Que dire de ce premier album ? Nos attentes étaient si hautes qu’on avait peur d’être déçu, on ne vous le cache pas… D’autant plus que son précédent disque sorti en janvier 2020 nous avait littéralement scotchés ! Le constat est simple : Marius est la suite logique de Ghosts, reprenant ses codes tout en apportant davantage de créativité, de nuances, de fougue à cet électro déjà riche et mélancolique. Bien qu’homogène dans son ensemble, ce premier disque est loin d’être monotone ! Piste après piste, on retrace avec Mokado la vie de son arrière-grand-père, poète et voyageur ; chose qui semble être héréditaire quand on voit le voyage musical si délicieux et rempli de poésie qu’on vient d’effecteur grâce à cet opus tout simplement grandiose !


Tracklist

1. 1908

2. 1914

3. 1923

4. 1938 (feat. Loïc Fleury)

5. 1952

6. 1968

7. 1973

8. 1981 (feat. Samba De La Muerte)

9. 1992

10. 1996

Notre sélection : 1938, 1973, 1981, 1996

NOTE : 20/20

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