Review : Lous and The Yakuza – Gore

Avec Gore, son premier album, Lous and The Yakuza fait une entrée plus que remarquée sur la scène musicale francophone !

Il y a un an, Lous and The Yakuza dévoilait le titre Dilemme, chanson percutante au clip non moins percutant, réalisé par l’excellente Wendy Morgan (qui réalisera par la suite tous les clips de la chanteuse belge). Déjà à l’époque, il était évident que l’artiste avait des choses à dire et qu’elle n’avait pas fini de nous étonner. En enchaînant avec la sortie du clip Tout est gore, Lous and the Yakuza avait déjà affirmé son univers, mélange de pop et de hip hop, sérieux et visuellement ultra pointu.

Continuant de nous révéler petit à petit les chansons de son premier album à venir, Lous and The Yakuza nous a ensuite transporté sur Solo, hommage à la solitude qu’elle considère comme une opportunité plutôt que comme un fardeau et nous a fait danser sur Amigo, qui traite avec justesse du thème du cancer : « c’est une ode à la guérison ».

A 24 ans, l’auteure-compositrice-interprète a vécu de nombreuses expériences très difficiles. En 2000 sa famille fuit la guerre, quittant le Congo pour la Belgique. Devenue adulte et de retour en Belgique, elle traversera de nouveau une période sombre où elle vivra dans la rue plusieurs mois et y sera victimes de plusieurs agressions. Loin de s’apitoyer sur son sort, Marie-Pierra, de son vrai nom, considère que « les grands combats arrivent aux meilleurs soldats ». Bien qu’autobiographique, cet album ne se veut donc absolument pas une revanche sur la vie. Eloignant toute notion négative de vengeance et de revanche, elle le considère comme un témoignage, une carte de visite et elle prend avec un recul impressionnant les épreuves qu’elle a traversé. C’est d’ailleurs pour cela que l’album s’appelle Gore. Le gore étant un sous-genre de l’horreur, tellement trash et sanglant que ça en devient presque risible. A l’image de sa vie, qui a parfois été tellement dure qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer.

Puisant dans son expérience et dans ses rencontres pour créer des titres profonds, elle aborde les thèmes de la maladie avec Amigo, de la trahison dans Messes basses ou encore de la prostitution dans Courant d’Air. Dans le titre Quatre heures du matin elle raconte un viol, dans la peau de la victime et dans la peau de l’agresseur, à l’image de Joanna et de son titre Pétasse. Une prise de position importante et une grande claque, tant artistique qu’humaine.

De sa voix grave et profonde elle chante des chansons sérieuses avec une positivité et une énergie sans faille. Loin d’être là par hasard, la jeune chanteuse a créé ses propres opportunités et à fédéré une véritable armée autour d’elle. Armée à laquelle son nom de scène rend hommage. En effet si Lous signifie soul à l’envers, ses yakuza sont bel et bien ceux qui ont crus en ce projet autant qu’elle et l’entourent au quotidien.

En bref, Lous and The Yakuza prévoit de devenir « l’exemple d’une femme noire qui a réussi toute seule envers et contre tout » et il ne fait aucun doute que ce premier album lui trace une voie directe vers ce succès !


Tracklist

1. Dilemme

2. Bon acteur

3. Téléphone sonne

4. Dans la hess

5. Tout est gore

6. Amigo

7. Messes basses

8. Courant d’air

9. Quatre heures du matin

10. Solo

Notre sélection : Amigo, Messes basses, Quatre heures du matin

NOTE : 16/20

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