Review : Marie-Flore – Braquage

Marie-Flore sortira ce vendredi son second album Braquage. Elle nous a braqués le cœur de la plus jolie des manières et confirme définitivement être l’une des plus belles révélations de l’année !

Après son premier album By The Dozen (2014), composé en anglais, et son dernier EP Passade Digitale (2017), le Braquage de Marie-Flore est certainement l’un des albums les plus réussis et inspirés de cette rentrée !

A la production, Marie-Flore s’est entourée de ses proches – Antoine Gaillet, OMOH, PL Faure et Robin Leduc – qui ont su sublimer sa prose grâce à des prods léchées, addictives et percutantes. L’album nous a fait traverser plusieurs univers aux influences variées. Braquage alterne des titres électro pop sur lesquels on s’est déhanchés (Tout ou rien, M’en veux pas), des titres avec des sonorités plus sombres et urbaines (Presque île) et des morceaux plus acoustiques sur lesquels l’émotion est à son apogée (Sur la pente, Bleu velours).

 

« Si ça t’passe en 10 jours, c’est qu’j’en valais pas le détour »

 

On l’avait déjà pressenti avec ses 3 premiers extraits, habilement teasés – Braquage, QCC et Tout ou rien – Marie-Flore chante l’amour sous toutes ses formes et le fait mieux que quiconque. En effet, dans cet album, il est question d’amour déçu (Partie remise), d’amour passionnel dévorant (Tout ou rien, Cambre) de la difficulté à s’engager, (QCC, Casse-toi) de trahison et de tromperie (Braquage, Sur la pente). L’album forme ainsi un ensemble de 12 photos illustrant un instant précis de « l’amour dysfonctionnel ».

On l’a souvent dit, le plus intéressant chez Marie-Flore, ce sont ses textes. Depuis Passade Digitale, où le virage en français a été opéré, elle parvient parfaitement à faire résonner les mots entre eux, comme peu savent le faire. Sa plume est incisive et acérée parfois crue mais toujours sincère. La sincérité de ces mots / maux est certainement sa plus grande force et c’est précisément ce qui nous a touchés et émus. Marie-Flore ne triche pas et se met totalement à nue dans son Braquage. Ses textes mettent en lumière des sentiments et des émotions à l’état brut, d’une rare authenticité et sans fioriture.

 

« Chéri, ouais, j’fais d’la peine à voir depuis que j’ai l’cœur sur le départ. Mais tu sais comme il est si rare d’aimer si vite sans crier gare, m’en veux pas si j’me barre »

 

On retrouve particulièrement cette grâce et charge émotionnelles sur le titre Sur la pente. Ce morceau, sur lequel la sensibilité à fleur de peau de Marie-Flore est à son comble, nous a fait dresser les poils. Son interprétation, tout en fragilité et vulnérabilité, ne fait que renforcer la force de son texte.

« Redis moi, que pour toi, c’était comme une première fois, tu sais celle que t’oublieras pas mais que t’oublieras. Mais, moi comme une conne j’y crois, à deux doigts d’aimer ça »

 

Avec cet album, Marie-Flore confirme qu’elle est bel et bien la seule du paysage actuel français à posséder cette verve, ce phrasé unique et à maitriser l’art des métaphores à la fois poétiques et d’une grande sensualité, mais tout aussi puissantes que des punchlines.

 

« Tu pourrais bien me manquer même si y’a plus rien à en tirer de toi, qu’une ou deux taffes en fin de soirée »

Braquage est un album thérapeutique, voire peut-être même cathartique. Il décrit une certaine réalité, sans concession, de l’amour et de la complexité des relations de notre époque et nous incite à nous questionner sur l’amour en 2019 et sur notre rapport à l’être aimé(e) puis déchu(e). Marie-Flore signe un album surpuissant qui nous a complètement happés par les émotions, d’une rare justesse, qu’on a pu ressentir.

« Tu sens bon.  Mon amour c’est quoi ton parfum, j’ai l’impression qu’ça sent la fin, j’m’allume une blonde »

 

Marie-Flore sera en concert aux Étoiles les 25 novembre, 2 et 7 décembre. On ne saurait que trop vous recommander d’aller la voir. Vous ne sortirez pas indemnes de ce magnifique Braquage.


Tracklist

1. QCC

2. Tout ou rien

3. Braquage

4. Pas envie

5. Casse-toi

6. M’en veux pas

7. Presqu’île

8. Derrick

9. Cambre

10. Partie remise

11. Sur la pente

12. Bleu velours

Notre sélection : QCC, Tout ou rien, Casse-toi, M’en veux pas, Derrick, Sur la pente

NOTE : 18/20

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