Review : James Blake – Assume Form

Après de longues semaines d’attente, le britannique révèle enfin son quatrième album studio. Ecoute et critique. 

D’entrée, et après seulement cinq minutes d’écoute – celles de la piste introductive qui donne son nom à l’album, Assume Form – force est de constater que James Blake est un prodige de la musique ! En effet, il travaille aussi bien les rythmiques soutenues que les pauses (Lullaby For My Insomniac), continue les distorsions avec brio (Can’t Believe The Way We Flow), manipule l’auto tune savamment (Into The Red) et part à la croisée des genres (Tell Them). Après avoir longtemps été considéré comme précurseur d’un nouveau genre mêlant pop et influences trap, James semble glisser davantage dans le mainstream avec de nombreuses pistes collant à la veine musicale actuelle tout en y apportant cette touche qui lui est propre.

On le sait, il a toujours eu un rapport particulier avec le milieu hip-hop/R&B et il nous le prouve aujourd’hui en collaborant avec Metro Boomin, Travis Scoot et son ami de toujours Moses Sumney sur Mile High et Tell Them. On retrouve également la moitié de Outkast, André 3000 dans Where’s The Catch, mais aussi l’envoûtante Rosalía sur un titre anglo-espagnol tout bonnement dingue ! Pas mal, non ?

En dehors des collaborations, la sublime ballade Into The Red nous dévoile un James Blake amoureux, romantique et radieux, bien loin de ses compositions antérieures parfois dark, souvent mélancoliques. Quoiqu’il en soit, avec ces pistes en solo, il nous démontre qu’il n’a rien perdu de sa superbe, bien au contraire. En guise de conclusion, on se prend un raz de marée d’émotion avec la berceuse ballade onirique interprétée majoritairement a capella qu’est Lullaby For My Insomniac. Un point final en guise de point d’exclamation !

Doesn’t it seem much warmer, just knowing the sun will be out?

 

A travers ces treize nouvelles compositions, le producteur britannique est moins expérimental, plus expérimenté. On le regrette un peu. Toutefois, on a beau n’être qu’au début de l’année, on peut d’ores et déjà affirmer que Assume Form sera un des plus beaux albums de 2019.

Même si cet album est très bon, on est obligé d’avouer qu’il nous laisse moins pantois que son prédécesseur, The Colour In AnythingEn effet, ce qu’on aime chez James Blake c’est cette mélancolie « dévastatrice », cette voix aérienne, son falsetto plein de charme, ces silences qui marquent les productions à la fois audacieuses et minimalistes ainsi que ses textes remplis d’émotions et de sincérité. Sur ce nouvel opus, James Blake a engagé un virage pop à travers de nombreuses collaborations. Mais ce qui nous frappe ici – et qui paraît presque stupide à dire – c’est que Blake semble plus heureux, plus apaisé avec lui-même, notamment en comparaison avec ses trois précédents disques qui étaient des journaux intimes musicaux d’un artiste frôlant la dépression (mais follement beaux à écouter). Fort heureusement, on retrouve des pistes plus « classiques » à l’instar de Are You In Love? dans lesquelles on retrouve la patte si spécifique de ce talentueux compositeur. Cependant, on est tout de même forcé d’avouer que le petit vent frais qui s’est fait sentir avec la prodigieuse Rosalía sur Barefoot In The Park est plus qu’agréable. Certainement notre piste préférée qu’on ne cesse d’écouter depuis sa parution !

En bref, son quatrième disque est à l’image de sa pochette : simple mais efficace, avec un côté solaire qui dénote. James Blake ne se cache plus et ose, quitte à surprendre les fans de la première heure.


Tracklist

1. Assume Form

2. Mile High (feat. Metro Boomin & Travis Scott)

3. Tell Them (feat. Metro Boomin & Moses Sumney)

4. Into The Red

5. Barefoot In The Park (feat. Rosalía)

6. Can’t Believe The Way We Flow

7. Are You In Love?

8. Where’s The Catch? (feat. André 3000)

9. I’ll Come Too

10. Power On

11. Don’t Miss It

12. Lullaby For My Insomniac

Notre sélection : Assume Form, Barefoot In The Park, Lullaby For My Insomniac, Are You In Love?, Can’t Believe The Way We Flow

NOTE : 18,5/20