Review : Jeune Oji – Clausura
Rédacteur en chef, Fondateur
Avec Closura, Jeune Oji transforme la mélancolie en lumière fragile et confirme son statut de musicien capable de conjuguer intimité et universalité.
Il ouvre son EP dans une brume nostalgique avec normandy. où la mélancolie s’installe doucement, comme un parfum familier. Cette teinte émotive nous accompagnera tout au long de l’écoute de Closura, le traversant avec une douceur profonde, entre ombre et clarté. Une sensibilité qui fait indéniablement écho à son premier EP Apertura avec ses textures et nappes sonores subtiles qui dégageaient un sentiment de quiétude dans lequel on se retrouvait invité à une écoute des plus attentives.
Poursuivant son chemin, Jeune Oji explore d’autres nuances émotionnelles ; cold rainy nights. nous transporte un soir d’hiver solitaire, à l’écoute de nos pensées, ce moment suspendu où l’on se confronte à ses souvenirs et à sa propre introspection quand getting used to. apporte une lueur solaire, un espoir discret mais persistant qui avance sur les traces de la mélancolie sans jamais l’effacer. Le passé reste là, tangible, mais illuminé par la résilience et une sensation de douceur retrouvée qui nous fait glisser dans un état de pleine contemplation avec the lullaby. puis de béatitude enfantine, un sentiment d’innocence retrouvée à l’écoute d’oracle.
Bien que résolument minimalistes, ses productions dégagent une clarté presque cristalline qui intensifie la charge émotionnelle. Chaque arrangement, volontairement dépouillé, laisse respirer les compositions et accompagne les variations de l’humeur au fil des guitares délicates, des arpèges d’ukulélé feutrés et des touches de piano discrètes.
Pour accompagner cet EP et célébrer son sentiment d’appartenance à sa famille tout en leur rendant hommage, Jeune Oji dévoile un court-métrage réalisé par Samuel Pin et Loïc Wendling, qu’il décrit comme « la bande originale de la vie des gens ». On y suit quatre protagonistes le temps d’un week-end, leurs gestes et leurs silences, leurs rires et leurs moments suspendus. À chaque instant, Jeune Oji est là. Présent, mais jamais intrusif. Une silhouette à la fois abstraite et discrète, une ombre bienveillante qui accompagne sans réellement intervenir, sa musique jouant en arrière-plan comme un fil invisible qui tisse leurs émotions.
On aime croire que rien n’est laissé au hasard, que chaque détail trouve sa place au bon moment. Les titres de ses deux EPs, Apertura et Closura, semblent dialoguer comme deux battements d’un même cœur : l’un ouvre, l’autre referme. Avec la sortie de ce nouveau disque, Jeune Oji tire doucement le rideau sur un cycle entamé plus tôt, transformant l’attente en écho et l’ouverture en conclusion. Une réelle cohérence narrative qu’on ne saurait que saluer ! Mais on vient également à se poser la question si le choix de l’écriture des titres, tous en minuscules et ponctués d’un point final, à l’exception de it all starts somewhere et son point-virgule symboliserait également un souffle suspendu, un silence qui n’achève rien et promet du beau pour la suite !
Tracklist
1. normandy.
2. cold rainy nights.
3. getting used to.
4. the lullaby.
5. oracle.
6. the lighthouse.
7. it all starts somewhere;
Notre sélection : normandy, oracle, getting used to





