Review : IAM – Yasuke

Deux ans après Rêvolution, IAM revient avec son dixième album studio et toujours autant de rimes engagées !

Enregistré et mixé entre Paris et New York, les marseillais d’IAM que l’on ne présente plus, ont livré vendredi 22 novembre leur dernier album Yasuke. Considérés comme légendes du rap français, cet album était par conséquent très attendu depuis que son annonce avait été dévoilée avec le clip d’Omotesando en septembre dernier. 

Cet album semble être celui de la réaffirmation pour IAM, bien qu’ils soient présents depuis plus de 30 dans le paysage du rap français. En effet, ce genre musical étant plus que jamais en changement et en innovation (que cela plaise, ou pas), les marseillais donnent l’impression de profiter de ce disque pour souligner une bonne fois pour toute leur place de grands frères aguerris de la nouvelle génération. Le ton est donné dès le premier son, Omotesando, où Akhenathon et Surik’N ne mâcheront pas leurs mots face aux “Pabloescro’blague” du rap français actuel. 

Un album résolument engagé

Entre rime poétiques et couplets approfondis, la plume est aiguisée et les punchlines sont au rendez-vous. IAM nous propose à nouveau un rap qui s’assume pleinement conscient, et pas un seul texte des 16 titres n’est laissé de côté à ce niveau. C’est probablement ce qu’il y a de plus impressionnant dans cet album. Que l’on apprécie les morceaux en eux-mêmes et que l’on s’identifie aux thèmes abordés ou non, on ne peut nier la réelle volonté dans le choix et le poids des mots. Et cela dès le choix du titre de l’album. Yasuke fait référence à un esclave africain, arrivé au Japon au XVIe siècle avec les colons portugais. Repéré par un seigneur japonais, il deviendra le premier samouraï noir et finira sa vie en homme libre. Dans le titre éponyme, il est aussi question d’une référence au radeau de la Méduse (que l’on retrouve sur la pochette de l’album). Comme l’explique Akhenaton, un parallèle est fait entre l’histoire de Yasuke, et celle d’un migrant malien retrouvé mort noyé avec son bulletin de note cousu à la veste, et qui aurait pu réussir comme le guerrier s’il avait pu achever sa traversée. Entre message d’espoir et dénonciation. 

Le rap c’était mieux avant ? 

L’album frôle les clichés de conseils de vieux sages de temps à autre (cf. les gimmicks “C’est moi Papa” dans Self Made Men). Mais c’est toujours un plaisir d’entendre ces leçons au rythme chantant de l’accent marseillais, des intonations et autres consonnes appuyées qui prouvent la richesse du flow d’IAM et des featuring présents sur l’album (Psy 4 de la rime, Faf la rage, …). 

Cet album réunit des sonorités hip-hop à l’ancienne (à travers les scratchs par exemple) et plus modernes / pop comme dans le très bon Mosaïque

En bref

Au delà de la musique, l’album éveille probablement les conscience, et c’est finalement un des objectifs majeurs du groupe comme on pouvait déjà le voir en 1994. 

IAM explique le concept de "Hold-up mental"

IAM & LE HOLD UP MENTAL – En 1994, le groupe IAM commence déjà à se faire un nom auprès du grand public après la sortie de leur tube "Le Mia". Trois ans avant le raz-de-marée de l'Ecole du Micro d'Argent, ils expliquent à une équipe de télé leur concept de "Hold Up Mental".

Publiée par Ina.fr sur Mercredi 27 novembre 2019


Tracklist

1. Omotesando

2 .Yasuke

3. Mosaïque

4. Self Made Men

5. Les choses, telles qu’elles paraissent

6. On va tous les zinguer

7. Eldorado

8. Le train de l’argent

9. Qui est ?

10. Remember

11. Rap Warrior

12. Good Morning Song

13. Fin des illusions

14. Quand est-ce qu’on s’aime ?

15. MC, tu perds ton sang froid

16. Once Upon A Time

Notre sélection : Mosaïque, Les choses telles qu’elles paraissent, Fin des illusions 

NOTE : 16/20

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