Interview : Alice et Moi

On a parlé dualité, VHS et journalisme avec Alice et Moi une petite heure avant son passage au festival de Carcassonne.

Invitée dans le cadre du festival off de Carcassonne hier, Alice et Moi partageait la scène avec Georgio sur le square André Chénier pour une soirée haute en couleurs, et en émotions… Rencontre :

On va parler un peu de ta musique d’abord et puis de toi dans un second temps si ça te va ?

Ça me va très bien, c’est mieux que de parler de trucs qui n’ont rien à voir ! (rires)

Je voulais te demander d’abord, il y a un peu en ce moment cet engouement pour une pop très assumée 80’s, 90’s, voire des années 2000 avec beaucoup de synthés et de sonorités bien propres à ces époques, où est-ce que toi tu te places là-dedans, et d’où est-ce que tu te revendiques ?

C’est une bonne question… Moi je me revendique pop française à fond, parce que j’aime le mouvement de la pop, j’aime le fait de chanter en français etc. Mais après par rapport à d’autres choses qui se font comme Juliette Armanet ou Marie-Flore qui sont pour le coup des pop un peu plus rétro, je ne me situerais pas là.

J’essaye de faire en sorte que mes sons aient un côté un peu plus tranché quand même, comme avec J’veux sortir avec un rappeur par exemple, j’ai bossé avec Angelo Foley, qui travaille aussi d’ailleurs avec Georgio sur certaines prods. Sur mon premier EP (Filme Moi), il y avait un côté plus mélancolique, rêveur, et c’est vrai que les synthés étaient assez présents, alors que sur le nouvel EP (Frénésie), j’ai quand même mis des synthés à fond, mais je me suis aussi inspirée parfois de sonorités plus électro ou rap.

Donc tu puises un peu partout ?

Voilà je puise un peu partout, genre Je suis all about you, les synthés du refrain, moi ça me fait un peu penser à Flume par exemple. Après, J’en ai rien à faire, y’a un côté plus retro que j’aime bien et que je garderais toujours parce que je kiffe aussi, même si j’essaye de pas m’enfermer dans ce truc trop rétro non plus !

C’est marrant que tu amènes ça parce que je voulais aussi te demander à propos de tes clips, il y a beaucoup de « filming » différents, il y a de la VHS, certains moments qui font parfois webcam, et puis tu as de la caméra actuelle, en HD. C’était important de faire chanson et clips qui mélangent les genres ?

Complètement ! En fait la façon dont j’ai commencé à faire de la musique est un peu différente de certaines personnes qui ont appris d’un instrument à fond, pour ensuite faire la musique, et ensuite faire les paroles… déjà j’écrivais des textes, et ensuite j’ai commencé par faire des vidéos, que je faisais quand j’avais 14/15 ans. C’étaient des mini clips de pleins de choses donc j’avais en effet cette vieille caméra, mais j’avais aussi d’autres trucs. Je me filmais, je filmais les gens autour de moi, je filmais… Des trucs bizarres genre des marionnettes, je faisais des petits montages et ensuite je rajoutais le son derrière !

Donc en gros le fait de filmer des choses avec ces caméras là ça fait vraiment parti de la façon dont je conçois la musique. Quand je fais une musique je pense tout le temps à des images, et puis c’est comme un point de vue intime tu vois. Aujourd’hui on est tous en train de prendre toujours aussi des vidéos avec nos téléphones, et la vieille caméra fait un peu ce point de vue intime. Pour mon dernier clip J’en ai rien à faire (dont on a parlé juste ici) je l’ai co-réalisé avec un pote…

Randolph Lungela c’est ça ?

Ouais ! Justement avec lui j’avais fait Il y a aussi, et en fait on écrit tout ensemble, on fait tout ensemble c’est vraiment cool. Et sur J’en ai rien a faire, je sais que j’avais cette envie dès le départ de mélanger les caméras et lui au début il avait un peu plus peur et au final quand il a vu ce que ça rendait il était trop chaud ! Donc ouais j’étais assez contente de montrer les différentes visions et les différentes Alice aussi tu vois…

Là tu as sorti L’amour à la plage y’a pas longtemps aussi !

Ouais !

Tu vas le cliper ?

(rires) Bah je sais pas parce que c’est vraiment une petite reprise un peu de l’été, que j’ai faite pour Deezer à la base, qui là est pour Deezer en exclu mais qui sera plus tard sur toutes les plateformes de streaming.

Mais après j’avoue je me posais la question, en ce moment avec ma vieille caméra je filme la tournée, donc je filme tous les moments en été et ça pourrait peut-être faire un truc mais je sais pas encore si ça fera un clip officiel ou genre une vidéo sur insta avec la musique… On verra !

Et pourquoi avoir choisi ce titre d’ailleurs ?

Alors y’a plusieurs raisons… Déjà j’adore cette chanson et quand on m’a dit « on te propose de faire une reprise d’une chanson d’été » j’ai directement pensé à ça… Je l’entendais vraiment dans ma tête, et en plus y’a un truc bizarre, c’est que y’a plusieurs personnes qui m’ont dit que je ressemblais à la chanteuse de Niagara.

Alors en vrai physiquement on se ressemble pas je trouve mais je vois ce qu’ils veulent dire dans le côté énergie qu’elle a, donc ça me faisait marrer ! Puis j’aime bien de quoi ça parle, l’amour d’un soir tu vois, un peu éphémère, l’amour à la plage, je trouve ça cool.

Et ça fait quoi de savoir qu’il y a beaucoup de personnes qui ont ta voix dans leurs têtes en train de chanter Ahou Cha Cha Cha ? Parce que c’est vraiment le truc qui reste à fond !

(rires) Le Ahou Cha Cha Cha justement je l’ai un peu trafiqué, en fait j’ai bossé avec Dani Terreur sur la prod, et lui et moi on n’avait jamais bossé ensemble sur une prod mais comme il fallait faire vite et qu’on est souvent ensemble ça s’est fait comme ça. Et je lui avais dit pour les Ahou Cha Cha Cha que je voulais un peu d’autotune, et en fait il est très léger et il s’entend pas trop mais ça crée une voix un peu weird, c’est ça que j’aime bien !

Alice et Moi c’est un peu, tu l’as dit tout à l’heure une dualité, c’est bien ça ?

Ouais !

Mais alors maintenant que tu as sorti des EP, que tu tournes et que tu fais beaucoup de dates, est-ce que la frontière est pas devenue un peu poreuse entre tes deux personnalités ?

C’est une bonne question parce que, Alice et Moi, la dualité je la ressentais plus quand j’étais plus jeune en effet. Et ce que je racontais tout à l’heure, les vidéos, les chansons et tout ça, je le cachais à tout le monde, y’en avait pas un qui le savais tu vois. Y’a des gens qui sortaient leurs guitares, hypers à l’aise et qui faisaient un bœuf quand on allait à Arcachon à la plage avec mes potes, et moi, impossible que je fasse ça !

Très gênée vis-à-vis de ça, et pourtant quand j’ai commencé à le faire c’était comme si j’étais aussi celle que j’ai envie d’être tu vois donc y’avait clairement cette dualité et en fait aujourd’hui, la dualité se sent peut-être un peu moins mais c’est ce qui fait que je me sens moi-même sur scène en fait. J’aurais toujours ce côté « je suis trop émotive », c’est trop chiant… Je suis trop sensible !

On choisit pas ses émotions en même temps…

Non mais mes émotions elles m’envahissent parfois pour un truc de merde, et je suis là et je me noie dans ces émotions, c’est hyper chiant, mais c’est la vie et de l’autre côté, j’ai une facette hyper énergique, bonne humeur et tout. Et heureusement les deux se mélangent et en vrai elles se mélangent bien dans le sens où moi je me sens plutôt bien dans ma peau.

Mais du coup à la fois sur scène et à la fois dans ta vie privée, tu as les deux facettes ?

Exactement, le fait d’avoir de l’assurance en allant sur scène, le fait de faire de ma vie ce que je rêve, même si bien sûr je suis pas encore forcément là, mais déjà ce que je fais c’est la folie, je suis trop heureuse. Et du coup dans ma vie de tous les jours aussi, bah j’assume plus de choses et du coup je ressens vraiment les deux en moi mais je les accepte tu vois, c’est plus une lutte quoi, c’est plutôt comme deux copines !

Avec ce truc là c’est vrai que ça fait un peu… Pas exutoire, mais tu vois on a l’impression que t’as le besoin d’aller sur scène et le besoin de te prouver que tu as de l’assurance et tout ça, et du coup qu’est ce que tu aurais fait si tu avais pas fait de la musique, comment t’aurais sorti ce truc-là ?

En fait pendant longtemps je me suis dit que j’allais trouver un moyen, et j’ai fait des études… Bah je voulais être journaliste ! Mais j’avais beau essayer de faire pleins de choses je me sentais pas à ma place donc je sais pas trop si j’aurais pu faire autre chose, après est-ce que je ferais ça toute ma vie je sais même pas et en même temps je me vois rien faire d’autre. En tout cas j’ai pas vraiment de plan, je me sens heureuse et à ma place et genre pendant vraiment des années, je me posais tout le temps des questions : qu’est ce que ça va être ma vie… Là si c’est ça ma vie c’est bon c’est cool ! (rires)

C’est peut-être aussi pour ça que ça marche, parce que t’en as tellement besoin que tu fais naturellement les choses bien !

Peut-être ! En tous cas je sais que je serais jamais blasée par ce que je fais, je suis tout le temps trop heureuse et tout, j’ai trop de spontanéité sur scène. Tout le monde me dit tout le temps « calmes-toi, t’aurais pas dû dire ça… » (rires) enfin on me dit de me détendre mais je crois que j’y arriverais jamais parce que j’aime trop…

Et est-ce que c’est pas chiant de répondre à des questions de journaliste quand toi-même tu aurais pu en être une et te poser toi-même des questions ?

Non ! Puis c’est difficile de se poser des questions à soi-même… Et je suis souvent surprise par certaines questions, franchement j’aime bien les interviews, j’aime bien répondre !

Si t’avais, même si c’est difficile de se poser soi-même une question, mais si t’avais une question que tu poserais au « Moi » de Alice et Moi, ce serait quoi ?

Je réfléchis… Je m’étais jamais posé la question… Si ça devait être une question bateau ce serait « à quand l’album » ? (rires)

Et du coup, à quand l’album ?

L’album ce sera pour 2020 normalement ! Je travaille dessus en ce moment… J’ai la Cigale en janvier 2020 et j’aimerais bien quelques mois après pouvoir le sortir ! Puis mes deux premiers EP, je les ai sortis en indépendante, enfin j’ai tout fait tu vois, et là je viens de signer chez Sony, alors je reste en licence donc j’ai une société qui reste productrice mais par exemple mes CD ils vont être à la Fnac et ça j’ai jamais eu encore donc je suis trop contente !

Donc une question que je pourrais me poser c’est est-ce que je suis excitée de voir ce que ça va donner, et la réponse est oui et j’ai envie de voir ce que ça va changer d’avoir une équipe ! Parce qu’on faisait tout à trois, j’avais un manager et une attachée de presse, et là je vois que ça s’agrandit et j’ai un peu peur mais j’ai aussi hâte de voir ce que ça va donner.

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