Review : Tyler, The Creator – IGOR

Le cinquième album du rappeur californien est sorti ce 17 mai et, après deux semaines de digestion, La Distillerie vous en donne son avis !

Cette semaine, IGOR a trouvé sa place en première position du top album Billboard avec 160.000 écoutes en moins de 15 jours. Avec ce sacre, c’est aussi une première : première pour un top 1 Billboard sans aucune co-production chez un rappeur solo. De quoi faire parler de Tyler, et en bien. Derrière toute cette mouvance : 1 album ; 12 titres ; penchons-nous donc sur son contenu et son écoute…

Vendu comme unique et introspectif, IGOR sait respecter ces qualités : l’album est auto-produit et dégage une atmosphère particulière bien distincte des autres sorties du chanteur. Caractéristique qui sera susceptible de laisser aux fans de la première heure un arrière-goût un peu amer, mais qui saura ouvrir son style musical à un public plus large. D’un autre côté, on sait retrouver un personnage bien propre au chanteur avec ses costumes trois pièces et sa perruque blonde : de quoi être dépaysé donc, mais sans avoir l’impression de dire au revoir à un vieil ami.

Musicalement parlant

L’album démarre et c’est IGOR’S THEME qui ouvre le bal : morceau dont il avait teasé un court extrait sur youtube, peu de temps avant la sortie de l’opus. Un son lourd et oppressant qui vient instantanément contredire le style de Flower Boy, son précédent album. Tyler ne chante pas sur le morceau, mais met en bouche la suite des titres avec une ambiance particulière et un piano pas toujours dans les temps qui s’accompagne de sonorités électriques presque agressives à l’oreille. Heureusement pour beaucoup, ce titre introduit mais ne définit pas l’album qui sait trouver une note plus douce et estivale à la suite de l’écoute. Avec des morceaux comme EARFQUAKE ou A BOY IS A GUN*, Tyler nous propose un style contemplatif qui s’apparente déjà plus à d’anciens morceaux : un rythme lent, des chœurs et un piano jazzy, voire classique à certains moments.

Paradoxalement, d’autres titres dégagent une brutalité nouvelle au chanteur. On avait déjà connu un Tyler offensif par le passé, avec un album comme Goblins dans lequel on pouvait trouver des morceaux noirs et violents (Yonkers pour n’en citer qu’un), mais ici, le style diffère. Avec NEW MAGIC WAND ou WHAT’S GOOD, la basse sature, le rythme est rapide, et Tyler alterne entre passivité et agressivité : un mélange qui ne laisse pas une écoute facile mais qui sait se rendre intéressant si vous tendez l’oreille.

Éclectique et personnel

Les morceaux se suivent mais ne se ressemblent pas, ce qui rend la tâche difficile quand l’intention originelle est de rendre une analyse globale et objective. Pour autant, l’album renferme un énorme potentiel qui joue sur plusieurs terrains et plusieurs caractères, ce qui saura séduire un grand nombre de personnes.

Tyler, The Creator nous avait pourtant prévenu quant à la particularité de l’album : « This is not Bastard. This is not Goblin. This is not Wolf. This is not Cherry Bomb. This is not Flower Boy. This is IGOR […] Don’t go into this expecting a rap album. Don’t go into this expecting any album. Just go, jump into it.» (Ce n’est pas Bastard. Ce n’est pas Goblin. Ce n’est pas Wolf. Ce n’est pas Cherry Bomb. Ce n’est pas Flower Boy. C’est IGOR […] N’allez pas écouter en attendant un album de rap. N’allez pas écouter en attendant n’importe quel album. Allez juste, plongez dedans).  Message clair qui résume parfaitement l’état d’esprit de l’album : un OVNI qui sait respecter certains codes propres à Tyler tout en s’émancipant vers une nouvelle musicalité.

Qu’en penser ?

Difficile de donner une note à IGOR tant il est différent dans sa construction et son style musical : la solution la plus simple est encore d’aller l’écouter pour vous en faire un avis personnel. C’est probablement le but recherché ici par Tyler, The Creator alors autant se prêter au jeu ! Cependant, l’important est de ne pas se fier à la première écoute qui pourra être perturbante pour beaucoup, moi le premier, mais d’essayer de comprendre l’intention principale de l’album et de la musicalité qui en découle : une introspection pure et dure. Certains morceaux sont pourtant plus « grand public » dans leur sonorité simple comme sait l’être PUPPET, mais l’entièreté de l’album est à prendre en considération, que l’on soit fan du chanteur ou non.


Tracklist

1. IGOR’S THEME

2. EARFQUAKE

3. I THINK

4. EXACTLY WHAT YOU RUN FROM YOU END UP CHASING

5. RUNNING OUT OF TIME

6. NEW MAGIC WAND

7. A BOY IS A GUN*

8. PUPPET

9. WHAT’S GOOD

10. GONE GONE / THANK YOU

11. I DON’T LOVE YOU ANYMORE

12. ARE WE STILL FRIENDS?

Notre sélection : A BOY IS A GUN, PUPPET, GONE GONE / THANK YOU

NOTE : 17/20

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